Interview de Stéphane Goubert (Ag2r Prévoyance)

Interview de Stéphane Goubert (Ag2r Prévoyance)
Stéphane, quel bilan tirez-vous de cette saison 2005 ?
"Ca a été une bonne saison, une de mes meilleures saisons donc je suis content. A part le Tour, où ça a été difficile, je dirais même laborieux mais bon je sais pourquoi. L'année prochaine, je
peux espérer avoir plus de chance dans la préparation du Tour, c'est-à-dire ne pas être malade avant et pendant le Tour. Malgré les deux maladies, j'ai été présent dans la montagne, pas autant que l'année dernière, mais je suis rentré dans les 40 premiers, c'est déjà ça. La préparation était bonne. Pour 2006, je vais retravailler comme cette année, en espérant avoir un peu plus de chance."

Vos objectifs pour 2006, revus à la hausse ou pas ?
"Ce sont toujours les mêmes. C'est la période mai-juin-juillet, je fais tout pour être au top de ma forme à ce moment-là. Avec les nouvelles recrues, je pense qu'on va aller un peu plus en Espagne, ce sont des courses qui me conviennent mieux, j'aime bien l'Espagne."

Quel est votre sentiment sur les arrivées de Christophe Moreau et Francisco Mancebo chez Ag2r Prévoyance ?
"Il le fallait. Le départ de Laurent Brochard avait laissé un grand vide. Il est comblé maintenant. Ce sont deux bonnes recrues qui vont beaucoup apporter à l'équipe. Je languis d'être au top avec Christophe et Paco Mancebo, ça peut donner de belles choses. Avec Mancebo, on vise le podium du Tour de France, c'est sûr."

Va-t-il y avoir une répartition des rôles entre les deux leaders ?
"C'est surtout Mancebo qui va être leader. Christophe, qui rêvait du Maillot à Pois et de victoires d'étapes va peut-être changer son fusil d'épaule. Mancebo peut terminer 3ème du Tour, Christophe dans les 10 et moi dans les 20 premiers. Le vrai plus est la possibilité de se retrouver tous les trois dans le dernier col. C'est ça qu'il faut privilégier et le reste suivra tout seul."

C'est la trêve, comment gérez-vous cette période ?
"On gère ça le mieux possible, on ne fait rien ! Je vais reprendre quand j'ai envie. Pour le moment, ce n'est pas le cas, donc je continue la trêve. Il faut reposer un peu, beaucoup, même pas de footing. Reposer la tête et le physique, profiter de la famille, un peu de sorties, de vie normale."

Vous avez une activité dans le commece de cycles, pouvez-vous nous en parler ?
"Oui, c'est un plus. On est trois associés et on a deux magasins maintenant, un à Lunel, l'autre à Montpellier. Je ne suis que le petit plus des magasins, c'est sympa car ça met un pied dans la réalité de la vie active. C'est pas mal pour l'après, même si je ne veux pas en faire ma reconversion. J'aimerais rester dans le milieu du vélo, actif, pas dans la vente. Avec cette activité, je vois ce que c'est la vie active, que c'est dur, et qu'on a de la chance de faire ce métier, et ça me motive encore plus pour continuer et faire le métier encore mieux."

Le petit plus du magasin, comment le définissez-vous ?
"Si je suis là, les gens sont plus à l'écoute. Des fois, les clients veulent que je leur livre le vélo. Je fais la vente, c'est sympa. Avoir le contact avec des fans, des clients, ça me plaît."
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# Posté le samedi 21 janvier 2006 06:25

Modifié le mardi 26 juin 2007 03:33

Interview de Danilo Di Luca (Liquigas-Bianchi)

Danilo, vous remporté le ProTour, qu'est-ce qui a déterminé votre victoire dans ce challenge ?
"Ma régularité durant toute la saison a tenu une grande importance. J'ai gagné le Tour du Pays-Basque, l'Amstel Gold Race et la Flèche Wallonne. J'ai couru parmi les protagonistes du Giro en terminant quatrième et maintenant, en octobre, je suis encore avec les meilleurs. Derrière moi, au classement du ProTour, il y a de grands champions qui, au contraire, ont préféré se fixer sur des objectifs spécifiques limitésà une période bien particulière. Ou d'autres athlètes, comme Tom Boonen, très réguliers mais pas présents au classement général des grands tours. Je dédie cette victoire aux gens qui sont restés à mes côtés l'an passé, dans la plus difficile période de ma vie. Avant tout ma femme Valentina."

Vous avez été le meilleur coureur du premier ProTour. Que répondez-vous aux gens qui voudraient modifier les règles de ce challenge ?
"La structure est parfaite. J'apporterais toutefois une petite suggestion. J'augmenterais le nombre de points accordés aux vainqueurs d'étapes dans les courses par étapes : trois points pour le lauréat d'une étape d'un grand tour ou seulement un point pour le vainqueur d'une étape d'une course comme le Tour du Pays-Basque, c'est vraiment peu..."

Qui sera le prochain vainqueur du ProTour ?
"C'est difficile à dire. Ce qui est sûr, c'est que le vainqueur sera un coureur régulier durant toute la saison, sachant que les coureurs de courses d'un jour sont favorisés."

Devra-t-on à nouveau vous compter parmi les protagonistes ?
"J'ai combattu de toutes mes forces pour conquérir cette édition du ProTour, la toute première de l'Histoire. Maintenant, j'ai d'autres ambitions. Cependant, si j'ai l'occasion de porter un second Maillot Blanc, je tâcherai bien sûr de ne pas laisser passer cette opportunité. Mais le ProTour ne fera plus partie de mes principaux objectifs : en 2006, j'aimerais me concentrer exclusivement sur le Tour d'Italie et les Championnats du Monde."

Vous avez de nouveaux objectifs. Cela implique-t-il un nouveau programme d'entraînement ?
"Pas du tout. Je ferai la même chose que cette année, avec un stage d'entraînement en altitude durant le mois de janvier. La seule chose qui changera, c'est que je ferai moins d'efforts dans les courses d'avril."
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# Posté le samedi 21 janvier 2006 06:28

Modifié le mardi 26 juin 2007 04:38

Interview de Johan Bruyneel, directeur sportif de Discovery Channel

Interview de Johan Bruyneel, directeur sportif de Discovery Channel
Johan, vous risquez fort de perdre le Tour l'année prochaine, comment réagissez-vous ?
"Je me mets dans la situation de le gagner dans les années à venir, c'est mon challenge."

Votre rôle dans la course va changer. Vous n'aurez pas à
contrôler, comment anticipez-vous tout ça ?

"Oui, notre rôle va changer. C'est une idée intéressante avec laquelle on va jouer. Je dois dire que c'est une situation que j'espérais vivre. Depuis six ans, je mets à part 1999, on avait tout le monde contre nous. Il y a les coureurs, les médias, les spectateurs, on a du faire face tout le temps, faire front sur beaucoup de batailles, les remporter. Je dois admettre que je suis prêt à ce que, pour au moins un an, on soit dans un autre rôle. Ca ne veut pas dire que je suis moins ambitieux, mais les favoris sont ailleurs. C'est à eux de prendre leurs responsabilités, on aura de toutes façons une grosse équipe. Le Tour de France est toujours notre principal objectif de la saison, même si on a un coureur comme Savoldelli qui gagne le Giro. On va bien sûr ambitionner de gagner à nouveau le Giro, mais le Tour c'est le Tour, et on va tout donner pour lui. On a tout donné pour le Tour, 365 jours par an, on a vécu pour le Tour, on a travaillé et pensé au Tour. C'est un schéma de vie que j'aime, je veux continuer de faire ça. L'an prochain notre rôle sera différent mais passionnant aussi. Qui sait, si un des favoris se manque, ou assume mal ses responsabilités de leader, on sera prêts."

Avez-vous le coureur qui saura tirer le meilleur de ses équipiers ?
"Bonne question ! On a l'image d'une équipe qui était concentrée uniquement sur le Tour, car le Tour écrase tout. Mais si vous regardez notre saison, on a gagné des courses en février, on est là au printemps, on gagne le Giro, le Tour de Géorgie, de Catalogne, le Tour, Plouay, des étapes au Dauphiné, à la Vuelta, etc... On va continuer de courir comme avant, c'est possible de viser le Tour, tout en gagnant d'autres courses. J'ai l'équipe pour faire ça. Dans l'équipe, il y a des équipiers qui ont vu l'importance du Tour, ce que ça signifie d'être performant sur le Tour. Ils l'ont vu de très près avec Lance. On a des gars pour gagner des étapes, et aussi faire un podium. Je me souviens qu'en 2004, on était au Dauphiné, on a donné une conférence de presse le jour de l'étape du Ventoux. Tout le monde pensait que c'était fichu pour le Tour alors qu'on avait l'objectif de la gagner à nouveau, mais pas le Dauphiné. C'est la beauté du sport, on doit se préparer, faire le maximum, mais on n'a aucune garantie de succès."

Lance Armstrong a été en partie occulté de la présentation du Tour 2006, quel est votre sentiment ?
"Je ne suis pas surpris. Ce qui a été écrit après le Tour 2005 n'est pas une bonne chose pour le Tour, c'est dommage. Je suis le premier à admettre qu'Armstrong est à ce niveau de reconnaissance grâce au Tour mais de l'autre côté, le Tour est un événement maintenant mondial, comme jamais auparavant, en partie grâce à un coureur comme Armstrong. C'est triste que les gens ne reconnaissent pas ça. C'est la réalité, il faut l'accepter. Pour moi, c'est un nouveau chapitre. Lance est parti. On a tout donné pour cette course, on a vécu pour elle pendant sept années. Bien sûr que je serais déçu de ne plus la gagner comme depuis que je fais ce métier. Je savais que ça s'arrêterait, mais je travaille à gagner le Tour de nouveau."

Lance est toujours motivé par le Tour de France. Viendra-t-il en France au mois de juillet prochain ?
"Son rôle n'est pas précisément défini. Comme chacun sait, il est actionnaire de l'équipe. Il continue d'être en relation avec l'équipe. Quelle sera sa position ? On va décider le mois prochain, mais c'est certain, il est toujours très motivé par le Tour. Il a été remotivé par certaines choses, pas des choses plaisantes, mais j'ai été avec lui pendant sept ans, j'ai appris aussi beaucoup de lui, et je peux dire que, moi aussi, ça m'a motivé pour revenir avec une grosse équipe."

Le Tour est encore loin, mais qui choisirez-vous comme leader : Yaroslav Popovych ou le vieux copain de Lance, George Hincapie ?
"Comme je l'ai dit, les vrais favoris sont en dehors de l'équipe. Ivan Basso et Jan Ullrich, avec leurs équipes. Ils devront être prêt à accepter le tous contre un seul. Notre rôle sera différent. J'ambitionne d'avoir différents leaders, et voir ce qu'on peut faire avec des coureurs moins forts mais peut-être plus unis encore. S'ils unissent bien leurs efforts, ils peuvent créer des dégâts, qui sait ? Si un leader se manque, il y a toujours une ouverture. On sera toujours prêts. Le Tour sera très différent, on aura une équipe d'under dogs, de challengers, des coureurs qui sont forts mais pas les favoris. Ce sera une autre stratégie. On a eu le stress de la course pendant sept années, on va souffler une année, ça fait pas de mal, je suis prêt à le faire. Le Tour reste la course la plus importante, on n'y sera pas pour être au second plan."

On a vu un bon Yaroslav Popovych à l'occasion de son premier Tour, ne peut-il pas profiter de la rivalité Ullrich-Basso ?
"Je ne sais pas. A mon avis, c'est un peu tôt. J'ai vu de très bonnes choses chez lui, des choses qu'on ne voit que chez les vrais champions. Pour moi, il a le potentiel dans le futur d'être un candidat pour la victoire. Mais il faut voir sa progression, on ne va pas courir avant de savoir marcher."

Pour vous, est-ce un Tour pour Ullrich ou Basso ?
"Pas facile de répondre. Certes, il y a deux longs contre-la-montre, mais la montagne est très dure. C'est du 50/50 mais avec un petit avantage pour Basso."

Continuez-vous de lire L'Equipe ?
"Je ne lis jamais L'Equipe."

Comment va Lance Armstrong ?
"Il va bien, il roule régulièrement. Il sera au camp d'entraînement en décembre et va rouler avec nous."

Est-il en bonne condition ?
"Oui, et il va peut-être se remotiver et penser à revenir de nouveau !"

# Posté le samedi 21 janvier 2006 06:57

Modifié le mardi 26 juin 2007 05:07

Interview de Thomas Voeckler (Bouygues Telecom)

Interview de Thomas Voeckler (Bouygues Telecom)
Thomas, que pensez-vous du parcours du Tour 2006 ?
"Le premier chrono sera tout plat ou presque. En revanche, le second sera beaucoup plus vallonné. Pour ceux qui vont jouer le général, il y a de quoi faire. Les spécialistes du chrono n'ont pas trop à se plaindre. C'est un parcours "classique", une semaine de plaine puis les deux massifs montagneux. Il y aura de la place pour du suspense, et ceux qui vont jouer le général."

Il y a des étapes de moyenne montagne, ça vous plaît bien ?
"Oui, bien sûr. Je fais partie d'une catégorie de coureurs très nombreux. On n'est pas des purs rouleurs ou de purs grimpeurs, donc on regarde les étapes qui ont un profil un petit peu différent. Il y en a pas mal, mais ce sera aux coureurs de décider, et puis, on verra aussi comment seront les jambes. Dans les Pyrénées, il y a une étape qui est très corsée. Dans les Alpes, deux étapes qui feront très mal aux jambes. Il faudra se raccrocher à l'idée de terminer, sur des étapes au courage."

Premier Tour de l'après-Armstrong, ça va changer beaucoup de choses selon vous ?
"Forcément, ça va amener des coureurs à changer d'état d'esprit. Tous ceux qui jouent le général, en premier lieu. Nous, dans l'équipe Bouygues Telecom, on ne joue pas le général, donc ça nous importe peu qu'il soit là ou pas. Pour des gars comme Simoni, Basso ou Ullrich, c'est sûr que ça change tout. En terme de physionomie de course, au sein du peloton, c'est pas primordial."

Le départ de Strasbourg, ça fait quelque chose de spécial ?
"Oui, ça fait quelque temps qu'on le savait. On en parle régulièrement. C'est loin mais on a hâte d'y être. Ca fait plaisir de revenir à mes racines en Alsace."

Vous n'aurez pas besoin de reconnaître le prologue...
"De toutes façons, c'est tout plat. Les grandes avenues du centre-ville. On ira reconnaître deux jours avant, situer quelques virages. En fait, c'est pas très compliqué. Après, la première étape, toute la périphèrie de Strasbourg, ce sont des routes que je reconnaîtrai assez facilement. De plus, on va en Allemagne et au Luxembourg pour le final, donc une bonne lecture du road-book sera suffisante."

Vous serez le régional de l'étape, serez-vous surveillé ?
"Régional de l'étape, sans doute. Surveillé, je ne pense pas. J'espère ne pas être le seul régional. Je serai motivé, mais pas trop surveillé. Je ne pense pas faire l'objet d'une grande attention des autres coureurs."

Vous avez encore beaucoup d'attaches en Alsace ?
"Oui, toute ma famille est là-bas. Par exemple, j'y serai pour les fêtes. Ma mère fait le déplacement, tous les deux ans, on fait les fêtes tous réunis en Alsace."

# Posté le samedi 21 janvier 2006 07:02

Modifié le mardi 26 juin 2007 05:08

Interview d'Ivan Basso (Team CSC)

Interview d'Ivan Basso (Team CSC)
Ivan, quel souvenir avez-vous des épreuves cyclosportives. Y avez-vous déjà participé ?
"C'est un phénomène qui n'existe vraiment en Italie que depuis deux ans. Même de retour de blessure ou autres, je n'ai jamais pris part à une cyclospotive. C'est sûrement quelque chose de super de pouvoir côtoyer tous ces milliers de purs participants."

Que pensez-vous d'une telle initiative, qui consiste à faire rouler les amateurs sur les routes que vous empruntez en course ?
"C'est super ! Ca permet aux amateurs de rester près des coureurs pros. Pour moi, c'est fantastique de faire quelque part nos épreuves et rêver. Je me vois bien un jour participer à ce type d'épreuve populaire."

Comment vous sentez-vous à ce moment de la saison ?
"Bien, je me sens très bien. J'ai recommencé l'entraînement pour le début de saison. Je suis prêt mais pour mai et juillet."

Lors de la présentation du Tour 2006, vous aviez décidé de ne pas participer au Giro. Aujourd'hui les choses ont changé, qu'est ce qui a motivé ce changement ?
"Ce sera deux énormes projets. Je veux en gagner un, l'un ou l'autre, peu importe. Je n'ai pas changé d'opinion ! J'ai expliqué à Bjarne Riis ma vision des choses, et on a décidé ensemble."

Pensez-vous que vous aurez deux équipes au sein de la CSC pour vous accompagner lors de ces deux défis ?
"Oui, sans soucis. L'équipe était déjà forte. Les recrues vont toutes nous apporter quelque chose et le Team CSC sera plus perfomant en 2006 qu'en 2005."

Cela entraînera-t-il des changements dans votre début de saison ?
"Je vais débuter tranquille, et monter en puissance pour le début mai. Ca n'entraînera pas de changements majeurs."

La dernière semaine du Tour 2006 est particulièrement ardue. Après le Giro, comment la voyez-vous ?
"En 2005, j'ai été très bien sur la dernière semaine du Tour après avoir fait le Giro. Je ne pense pas que ça pose de soucis en 2006."

On assiste à un gros débat entre l'UCI et les grands tours, quel est votre sentiment ?
"Pas de commentaires, ce n'est pas mon problème. Pour moi, l'objectif est d'être bien au départ des courses pour les gagner. C'est un problème que doivent regarder et gérer les managers, pas les coureurs."

Vous connaissez maintenant tous vos coéquipiers pour 2006, comment les jugez-vous ?
"Nous avons une très belle équipe, on est prêts à rester dans la même position l'année prochaine, et rester au sommet."

# Posté le samedi 21 janvier 2006 07:22

Modifié le mardi 26 juin 2007 03:33